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Tant bien que mal, ces huit personnages attachants apprennent à se comprendre et se familiarisent progressivement avec le public qu’ils approchent, à qui ils sourient, viennent faire des bisous, allant jusqu’à leur demander de l’aide pour la construction de la tour.
Deux musiciens jouent en live en même temps qu’ils sont ouvriers. Ce sont eux qui rythment la cadence du spectacle sur une musique aux influences très nomades, tantôt lente quand il s’agit de se remuer les méninges, tantôt rapide quand il faut passer à l’action et déployer son énergie physique et corporelle.
Après avoir enfin réussi à monter le principal de la structure en bois de la tour de Babel, les ouvriers font une pause, c’est l’heure de se laver et de casser la croûte. Ils déploient de jolies nappes à carreaux rouge et blanc au milieu des spectateurs qu’ils invitent à leur table. Ce moment convivial détend l’atmosphère : qu’il est bon de se reposer !
Spectateurs et comédiens désormais complices, savourent avec délectation ce moment de partage. Soudain, l’un des ouvriers s’exclame et invite les spectateurs à le suivre : « bouboune ! », crie-t-il avec un large sourire. Ses collègues acquiescent et répètent à leur tour en hochant la tête : « bouboune, bouboune ! ». C’est alors que quelques personnes, invitées au concept, se voient confier des cubes de bois qu’ils doivent lancer pour atteindre une cible au sol. Le spectacle prend alors l’allure d’une partie de pétanque entre comédiens et spectateurs !Hélas, la sirène sonne, la pause est terminée, c’est l’heure de la reprise du travail pour nos huit ouvriers. En revenant à l’endroit de la construction, on s’aperçoit que l’un d’entre eux a dormi pendant tout ce temps, difficile de le réveiller....Mais il n’a pas le choix !
Depuis un bon bout de temps, le public n’est plus assis sagement à sa place, il bouge, se déplace au gré des besoins des ouvriers qui sollicitent en permanence l’aide de chacun pour tout et n’importe quoi !
Parfois, des travailleurs emmènent des gens dans leurs modestes habitations pour leur faire partager leur intimité quotidienne. C’est le chantier, un vrai chantier ! On ne sait plus qui est qui, qui travaille, qui esquive, qui joue, qui ne joue pas, ils ont réussi à exploiter tout le monde dans une belle ambiance de solidarité et ce malgré la difficulté à parler le même langage.
Il reste quatre murs à ériger pour fermer la tour de Babel, tout le monde s’y met et aide à soulever les pans de murs. Mission accomplie ! Enfin, on peut souffler un peu et être fier de ce bel édifice.... C’est alors que nos ouvriers, contents d’avoir accompli leur travail, reviennent en tenue de fête et transforment le chantier en piste de danse ! Les deux ouvriers-musiciens sont aux commandes : à partir d’un système de percussions artisanalement fabriquées, ils entonnent une musique au rythme très rapide et percussif sur laquelle ils posent un chant au langage inventé et très joyeux. C’est alors que chacun des spectateurs se trouve doté d’une bougie qu’il doit déposer à l’intérieur de la tour, accompagné d’un cortège de joyeux lurons qui le font danser jusqu’à son entrée dans l’édifice.
À ce moment-là, on a oublié qu’on était venu pour voir un spectacle, ils nous ont eus ! C’est la fête, on est soulagé et content d’avoir réussi à construire quelque chose tous ensemble, et peu importe le langage, on est tous sur la même longueur d’ondes et c’est le principal. Le sourire aux lèvres et le corps décontracté, on danse pendant un bon moment sans se demander à quelle heure finit le spectacle.
Quand même, il faudrait penser à se calmer car il y a peut être des gens qui travaillent demain ? La musique cesse, mais la lumière demeure. Depuis l’intérieur de la tour de Babel, on entend comme un chant de sirène : doux, suave, langoureux, magique et attractif. Chacun calme ses ardeurs de la transe musicale vécue juste avant et s’avance tout doucement vers l’intérieur : des centaines de petites lumières jonchent l’intérieur de la construction, c’est beau et il fait doux d’y passer un petit moment. Une lueur d’espoir est née en chacun de nous car ensemble, nous avons apporté la lumière.Et pour terminer sur une phrase de Luc Perrot, directeur artistique de la compagnie : « Nous venons tous de quelque part pour aller vers l’espoir »
Texte : Carole Michel
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